Un metteur en scène aux quatre Molières

Jean-Philippe Daguerre a triomphé aux Molières 2018 avec le poignant Adieu Monsieur Haffmann qui sera joué le 24 Janvier 2020 au théâtre de Tarare.

Interview exclusive pour TEXTO, le magazine de la Ville de Tarare (juin 2019)

Vous étiez comédien, puis depuis plusieurs années vous vous êtes tourné vers la mise en scène. Pourquoi ?
Je n’ai jamais arrêté d’être comédien ! J’ai commencé jeune. Je faisais parti d’un groupe de rock que je gérais entièrement. C’est ce qui m’a donné envie de créer mes propres projets au théâtre.

Vos différentes réalisations vous ont conduit plusieurs fois déjà à Tarare ? Pourquoi ?
Oui c’est vrai. J’ai dû venir pour quatre spectacles au moins. La première fois c’était il y a vingt ans et la dernière il y a cinq ans. Lors de mes différents passages à Tarare, j’ai toujours eu de bons feelings avec l’équipe en charge de la culture. Nous avons partagé de bons moments artistiques. Nous avons gardé contact. Et en plus j’ai toujours apprécié cette ville.

Avez-vous eu l’occasion de découvrir notre nouveau théâtre ? 
Non, pas encore, mais j’ai hâte ! On m’avait demandé mon avis par rapport à ce qui était important pour un comédien de trouver dans un théâtre. C’est vraiment bien de solliciter les artistes car le théâtre est un art particulier.

Le 24 janvier 2020, vous allez présenter votre pièce Adieu Monsieur Haffmann qui a obtenu quatre molières en 2018. Qu’est-ce qui fait, selon vous, son succès ?
Je pense que la pièce tire sa force de la qualité de la distribution des rôles. Trois comédiens ont été nominés, ce n’est pas rien. Il y a également une véritable homogénéité artistique et technique. Ce sont tous des gens passionnés, sans oublier les décorateurs. Et le sujet touche la France, avec un sujet qui est d’actualité : le prix aujourd’hui pour avoir un enfant, avec les conséquences dues aux problèmes de maternité.

Les médias disent de vous que vous êtes un spécialiste du théâtre jeune public. Vous avez pourtant choisi une période difficile pour cette pièce, la seconde guerre mondiale, pourquoi ?
On me qualifie ainsi parce que j’ai fait mes armes auprès d’un public jeune, effectivement, mais c’était au début. Je fais découvrir des pièces de qualité, de grands auteurs. J’ai une vision moderne, ce qui permet de rendre du classique accessible à tous. Contrairement à ce que nous pourrions penser, il y a des moments de rire dans la pièce. Il s’agit d’un loufoque de situations. Le personnage principal est haut en couleurs. C’est un homme formidable à la base. Je ne suis pas là pour donner des leçons. Il y a de la vie, de l’amour et on parle de courage. Suspens, humour, thriller psychologique…

Avec quel projet pourrions-nous vous revoir à Tarare ?
Avec ma nouvelle création, La famille Ortiz. Il s’agit cette fois d’une fable contemporaine, ludique et émouvante. Le secret de famille est au cœur de ce conte contemporain. La pièce se déroule entre 1960 et 1995. Quelle famille n’a pas de secret ? Nous allons jouer la première à Mont-de-Marsan, puis au Festival Off d’Avignon du 5 au 28 juillet avant Paris.

Crédit photo : Romuald Meigneux

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